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NAX

Préambule,

Vous vous trouvez actuellement sur mon petit site consacré à mes ancêtres ainsi qu'à la présentation de mon village d'origine. Connaitre le nom de ses ancêtres c'est bien, mais tenter de découvrir ou ils vivaient, d'ou ils venaient me semblait nécessaire. La simple recherche de noms et de dates sur des listes ne me satisfaisant pas, c'est pourquoi je me suis également intéressé à l'histoire locale.
Si vous êtes ici, c'est que vous vous posez certaines des questions que je me pose ou me suis posé. J'espère que vous y trouverez quelques réponses et vous souhaite bonne lecture.

Sion

Situation

Nax se situe sur la rive gauche du Rhône, à l'entrée du Val d'Hérens à une altitude de 1286m.
Posé sur un balcon dominant la plaine du Rhône, le panorama s'étend sur toute la Vallée et offre une splendide vue sur les Alpes.

Panorama

La création en 1830 par le chanoine Berchtold d'un point trigonométrique (PFP2) à partir duquel toutes les mensurations nécessaires à la réalisation de la première carte précise du Valais ont pu être réalisées, relève bien l'importance de la vue dégagée à partir de Nax.
La première feuille de la carte nationale Suisse "Carte Dufour" de 1845 a également été réalisée grace aux travaux du Chanoine Berchtold.
Ce point trigonométrique est toujours visible et en 1994 un monument commémorant les 160 ans de ces travaux a été inauguré au "Panorama des Gères"
PFP2PFP2
carte

Histoire

L'existence de la commune de Nax s'établit au XIIIè siècle grâce à un document de 1298 des archives communales. La charte fait état d'un litige entre les communes de Bramois et de Nax au sujet de la forêt sous les rochers de Nax.
La première mention de représentants dans les affaires de la commune remonte à 1304. Il s'agit de procureurs qui agissent au nom de la commune. Cet acte est aussi le premier qui confirme que la bourgeoisie élargit ses propriétés. Elle achète un revenu de seigle en 1311, en 1490 un mayen pour agrandir la montagne de Gauthier, en 1640 elle achète une vigne à Lens, en 1647 une autre à St-Léonard et une à Lens, en 1648 elle achète une part de pressoir, puis de nouveau une vigne à Lens en 1651, une deuxième part de pressoir en 1660. Elle acquiert aussi l'office de la majorie de Nax-Vernamiège en 1652. Le major était le représentant de la justice.

Armorial Valaisan de 1946

Nax forma du début du XIIIè s. à la fin du XVIIIè s. une majorie épiscopale avec Vernamiège où se trouvait son siège jusqu'en 1663.
Maurice Udrisard de Nax acheta cet office en 1663, puis le vendit en 1652 aux 2 communes qui présentèrent dès lors, alternativement tous les 2 ans, 4 candidats au choix de l'Evèque : un vice-major (il en parait un en 1481 déjà) est désigné par le major dans l'autre commune.
Le major assumait encore, le plus souvent, la charge de métral de l'Evêché, qui fut vendue aux communes avec la majorie en 1652.
Le Chapitre possédait à la fin du XIè s. des biens à Nax et Vernamiège. Il acquiert en 1217 du vidomne Rodolphe I de Conthey, de nouveaux biens à Nax, où il avait aussi son métral dès le début du XIVè s. Plusieurs chanoines revêtirent aussi, du XIVè s. au XVIè s. le titre de Vidomne de Nax.
En 1353, le Chapitre requit l'hommage des juridictionnaires de Nax et Vernamiège. En 1244 les sires de La Tour vendirent à l'Evêché les droits qu'ils détenaient à Nax et Vernamiège. Les sires d'Anniviers possédaient aussi un fief à Nax (1301), ainsi que l'alpe de Larduzan, passé aux Tavelli en 1351, puis par les Rovéréa (1603) à la Ville de Sion, qui la garda jusqu'en 1881, et une partie de l'alpe du Gothier qu'ils vendirent à la commune en 1309. La communauté formée avant 1285, parait avec ses 2 syndics en 1329. Elle est en différend avec Vernamiège 1328, 1362, 1371, 13 80, 1408, 1485, 1503, etc... avec Grône 1410, 1501.
Dès la fin du XVIè s. et surtout à partir du XVIIè s. les relations de propriétés et de familles entre Nax et Grône s'intensifièrent, des droits de combourgeoisie furent convenus en 1687 et l'on comptait en 1755 21 familles originaires de Nax bourgeoises à Grône.
La commune racheta la mainmorte à l'Evêque Adrien I de Rierdmatten en 1538, puis en 1806 les derniers fiefs de l'Evêché et du Chapitre de Sion, de la cure de Nax et de la Prévôté du Saint-Bernard.
Du XVIè s. au XVIIIè s. Nax, Vernamiège, Mase et Bramois formaient la sous-bannière des IV Villes, dépendantes de la grande-bannière de Sion. En 1744 furent réglés les rapports avec Hérens qui s'était séparé vers 1600 de la sous-bannière pour en constituer une particulière. Les gend de Nax devaient assurer le guet de nuit sur le belvédère de Pelleyvro. En 1798, Nax fut détaché du Dizain de Sion auquel il appartenait déjà en 1366, pour être incorporé au nouveau District d'Hérémence, devenu en 1815 disctrict d'Hérens.

Faits divers

Nax connut son lot de catastrophes, aussi pouvons nous en rappeler quelques unes :
Le 23 janvier 1837 un incendie détruisit la quasi totalité des habitations, à l'exception notoire de l'Eglise.
Le 10 janvier 1909 la voûte de l'Eglise de Nax céda en plein office. Le bilan est terrible 35 morts dont 24 de Nax et 11 de Vernamiège
pour ma part, celà représente la perte d'un arrière grand père, (Alphonse Follonier), un grand oncle (Denis Follonier fils d'Alphonse),

Parler de Nax, sans parler de Grône, de Pramagnon en particulier, serait incomplet tant les relations entre les deux villages étaient proches.
Jusque dans les années 19XX la transhumance était monnaie courante. La quasi totalité des ménages de Nax possédaient également un bien à Pramagnon et petits et grands avaient pour habitude d'y séjourner pendant la belle saison. Les enfants y avaient leur école pendant que les parents travaillaient aux champs où aux vignes. Les patronymes les plus répandus y sont identiques et ont une origine commune.

Pour l'anectode, ne dites jamais à un "Pramagnonard" qu'il est "Grônard". Passer la limite du pont du Tombec a vallu a bien des "Grônards" quelques mésaventures. Jusque dans les années 1980, pendant la période de carnaval, avait toujours lieu la "guerre" Pramagnon-Grône. Même si nous étions amis et camarades de classe le restant de l'année, pendant ces quelques jours, la trève était rompue et quelques nez doivent encore en porter les séquelles.

Nax et Vernamiège avaient également de très fortes relations et jusqu'à la catastrophe de Nax en 1909 les deux communes étaient réunies sous la seule paroisse de Nax. De nombreux mariages eurent lieu entre leurs habitants et dans les familles les plus anciennes, tout le monde ou presque a des liens de cousinage à des degrés plus ou moins éloignés.

Le 7 septembre 2008, les citoyens de Nax acceptent le projet de fusion avec les communes de Mase et Vernamiège. La nouvelle commune nommée Mont-Noble, voit le jour le 1er janvier 2011.

Ethymologie

Nax, Naz d´une racine franco-provençale na-, latin nasus, « nez », désignant un promontoire par métaphore.

Naxard couché

On a aussi suggéré que naz désignait un « moulin à eau dans un lit de torrent ». Nax, Narres vers 1100, Nas entre 1131 et 1353, commune et village, et Creux de Nax, vignes dans la même commune, Mayens de Nax (District d´Hérens, Valais)
source : Site de Henri Sutter.

Écrit Nas du xie au xive siècle, le nom de Nax (1364) est peut-être dérivé de nasus (nez) à cause du promontoire rocheux situé sous le village. D'autres sources (Gaspoz et Tamini (« Hérens », p. 12)) y voient plutôt le sens de prairie, peut-être de terrain humide, comme les nombreux Nayes, Naies, Nais, Neix, Neys, Neyex, Nex, Nez de Suisse romande (cf. Jaccard).
sources : Armorial Valaisan 1946, Wikipedia

En patois, le Naxard est surnommé « Massera », qui signifie « mâchuré ». Ce surnom était attribué aux hommes de Nax qui, fabriquant du charbon de bois, étaient couverts de suie.
Pour les amoureux de la nature et des marches en moyenne altitude, le sentier didactique des charbonniers est tout indiqué. Sentier des charbonniers.

 

 

Recensement

  1798 1802 1811 1816 1821 1829 1837 1846 1850 1860 1870 1880 1888 1900
                             
Grône 246 210 221 240 255 238 280 353 348 475 578 647 672 741
Nax 287 251 418 318 305 341 352 352 361 387 437 446 431 483
Vernamiège 136 131 * 130 124 122 141 166 185 189 187 196 216 244
Mase 219 205 250 213 212 259 303 295 300 309 341 355 354 359
Démographie

* Lors du recensement de 1811, la population de Vernamiège a été intégrée à celle de Nax.

 

 

J'ai tenu à respecter le phrasé et l'orthographe de l'auteur, quelques fautes de frappe mises à part, le récit vous est restitué tel que publié.

"DESCRIPTION DU DEPARTEMENT DU SIMPLON"

CANTON D'HEREMENCE ou Val d'Hérens

Val d'Hérens

Ce Canton commence dans le village de Nax, et contient toute la vallée d'Hérins, ainsi que les deux rives latérales, et compte dans son enceinte les villages de Nax, de Vernamièse, de Mase, Schwen ou Suenn, St. Martin, Evolena, La Cretta, Uzeigne, Marze, Hérémence, et vex, avec la Verna, Agettes, et y Pras, dont nous allons parler, poursuivant ensuite la description des autres endroits et villages de ma montagne des mayens de Sion, et de celle de Nenda, quoi qu'appartenans encore au Canton de Sion, uniquement pour ne pas interrompre la description de ces montagnes, que nous allons entreprendre.
Le village de Nax est donc le premier du Canton d'Hérémence de ce côté-là; il est situé dans un creux sur cette haute montagne au-dessus de Bramois, où l'on trouve contre toute attente une assez jolie plaine, avec une vue tout-à-fait belle sur le lointain sur la côte opposée, ainsi que sur la plaine du Valais, les environs de Sion, et le cours du Rhône, se roulant majestuesement dans son lit. Au septentrion du village on trouve avec surprise une carrière très-profonde de plâtre, et en même temps très grande et fort étendue, qui mérite réellement d'être vue. Le village est assez bien bâti, et assez grand, mais les maisons sont construites en bois charpentés, dont le dessous est, comme à l'ordinaire du pays, en maçonnerie; parmi ces maisons, la Cure est la plus belle. Au dessus du village de Nax, il y'a une forêt , de manière, que le village se trouve à l'abri des avalanches, et fort bien placé. L'air qu'on y respire, ne peut qu'être sain et salubre dans une pareille élévation, où il peut jouer de tout côté.
Les habitants de Nax sont de braves gens, assez honnêtes envers l'étranger. L'eau, qu'on y boit, est assez bonne, sans être cependant froide, au point qu'on pourrait s'y attendre sur une pareille hauteur dans la montagne; l'église de l'endroit par contre est fort petite, très ancienne, et d'une construction rien moins que belle, dont Saint-Maurice est le patron.
Il y'a aussi un grand pélerinage à ce lieu tous les ans le jour de ls St. Gothard, où se rendent les fiévreux, et ceux qui sont attaqués de rhumatisme pour y trouver du soulagement à leurs souffrances, et, comme l'on prétend, avec grand succès, comme l'attestent les personnes qui s'y sont rendues pour ce sujet.
Il y'a de même tout à l'entour du village de belles prairies, et beaucoup de champs, à la droite et à la gauche du chemin, surtout entre Nax et Vernamièse, village le plus voisin, et le sesond qui se présente sur la route pour aller dans la vallée d'Hérins, quoiqu'on puisse, aussi, et même ordinairement, aller en cette vallée depuis Bramois en suivant le chemin, qui y conduit, sans aller ni à Nax ni à Vernamièse, duquel dernier village je dirai seulement deux mots, pour poursuivre ensuite ma course dans cette vallée.
Vernamièse, tout en suivant la route obliquement ascendante, ci-dessus indiquée, dont nous venons de parler, montant et cheminant toujours contre le midi de la vallée, jusqu'à ce qu'on trouve un autre chemin attigu au précédent, qui conduit à la gauche, où il y'a une croix de bois dans la forêt de mélèse, et ensuite par quantité de champs à grains, est le village.
Mais avant d'arriver à ce village, on trouve un hameau, ou petit côteau au bas du chemin, qu'on nomme Erbier, qui appartient à deux illustres familles de Sion, Wolf, et de Torrente, où il y a de jolies possessions en prairies, champs, et forêts de tilleul; le site de ce lieu est si agréable, qu'il mériterait d'être habité en été, s'il y'avait les bâtiments nécessaires, car, tels qu'ils y sont actuellement, ils suffisent à peine à un fermier ayant famille, il y a cependant des écuries, des granges, et même des racards pour récolter les foins, et enfermer les grains, et les bestiaux.
Vernamièse est un assez grand village, dont les maisons sont en bois, adossées au mont, et les unes au-dessus des autres, comme c'est l'usage général dans les villages des montagnes un peu rapides de tout le pays; ce village, comme les autres dans les montagnes, à la moindre pluie est rempli de boue, et le chemin presqu'impraticable; il n'y qu'une chapelle dans ce village, et ses habitants se rendent à Mase ou à Nax, pour y entendre la messe, et assister aux offices divins, les fêtes et Dimanches en leur qualité de paroissiens. Au-dessus de ce village il y'a une autre belle forêt de mélèse, qui est la continuation de la forêt de Nax, et qu'on traverse en partie pour arriver dans ce dernier endroit; on y parle un français corrompu; l'air y est sain, et l'eau bonne; la nourriture ordinaire, ainsi que celles des habitants de la vallée entière, consiste en viande salée, légumes, pommes-de-terre, laitage, fromage et pain, mais peu de vin, excepté quand ils viennent aux foires et aux marchés de Sion, où ils boivent souvent assez pour savoir à peine, même montés à cheval, retourner chez eux.
Mase est le premier village après celui-ci contre la vallée : il est placé au dos d'une combe, ou d'un creux tourné et retourné, et au bord de ce dernioer; il est entouré de beaux biens; il a surtout beaucoup de champs à blé; il est aussi bâti en maisons de bois; il y'a un Curé, et son église paroissiale est dédié à Sainte-Madelaine. Par dessus le village il y'a encore une grande et belle forêt de mélèse, et par dessus celle-ci des belles et bonnes montagnes pour les vaches en été, comme tout le long de cette chaîne de montagnes jusqu'aux glaciers de la vallée d'Hérins depuis la montagne de Nax, et ainsi de montagne en montagne jusqu'au fond de la vallée; il en est de même de la côte opposée à celle-ci du côté, d'Hérémence. Ce village de Mase a de même beaucoup de biens dessous le village, et jusqu'au fond de la Combe, même jusqu'aux moulins du Torrent, qu'on nomme la Manne, apparemment, parce qu'on regarde cette eau comme très bonne pour arroser les prés, quoique par fois, comme il est arrivé ces dernières années, lorsqu'il grandit subitement après des pluies fortes, ou long-temps continuées, elle cause aussi d'horribles dégâts sur tout son passage, traînant avec elle les moulins, et couvrant de terre, de pierres et de bois les biens par où elle passe.

Sources

- Armorial Valaisan de 1846, "Description du Département du Simplon" de 1812, M. Schiner, Bibliothèque cantonale du Valais, Site Rero, Livre sur La Catastrophe de l'Eglise de Nax (M. Pierre Follonier)